Un an au Canada (Partie 2) : job d’été, La ronde et Gatineau !

Beaucoup d’argent, pas de temps pour être heureuse : moi, Marlys Grace, je refuse que ma vie ressemble à ça.

Bonjour à tous,

Voici la suite de cette série : Un an au Canada.

Je précise à ce niveau, que je suis venue à Montréal en plein hiver et jusqu’à l’arrivée de l’été, je n’avais connu que le Montréal tout blanc, recouvert de neige. L’hiver je ne sortais pas beaucoup donc je ne connaissais que les lieux qui se situaient entre l’école et la maison.

Pour lutter contre le blues en hiver, j’ai commencé à dresser une liste de toutes les choses que je ferais pendant l’été : visiter la ville, aller au Musée des Beaux-arts, aller voir ma cousine à Gatineau, me promener dans les différents festivals, aller à la ronde, trouver un (ou une, comme on dit au Québec) job d’été.

Je vais commencer par ce dernier point.


Ma recherche d’emploi


Je l’avoue, j’ai souffert pour trouver un job d’été.

J’ai d’abord souffert pour écrire mon CV. Quoi y mettre ? Quelle expérience pertinente avais-je ? J’ai listé mes différentes capacités et ai essayé de les répartir à travers les activités que j’avais mené auparavant : aide en cuisine, ménage, répondre au téléphone, prendre des messages, me servir d’un ordinateur et d’internet, pouvoir rester debout des heures.

J’ai fini par remplir mon CV avec les éléments suscités en les insérant dans les activités qui suivent : aide-cuisinier et commis de cuisine (je ne savais pas que ça s’appelait comme ça au moment où je rédigeais mon CV) chez un traiteur ( ledit traiteur appartenant à la maman de ma meilleure amie) et assistante de direction/réceptionniste dans une entreprise.

J’ai commencé mes recherches en Mars de l’année dernière sur les sites spécialisés: indeed, jobboom, jobillico… tous. J’ai fait des centaines d’applications en ligne mais sans réponse. J’appliquais pour divers emplois en cuisine ou en administration, malgré ça, aucune réponse.

J’ai fait une pause pendant la période des examens et début mai, avec mon amie Nafissa, déterminées, nous avons déposé nos CV dans quasiment tous les magasins du centre Eaton, de la rue Ste Catherine et de la place Montréal trust (plus d’une centaine de magasins dans le centre-ville de Montréal) mais sans réponse. Elle a finalement obtenu une réponse d’un magasin d’accessoires du Centre Eaton, a commencé à travailler, n’était quasiment pas payée et a démissionné, mais ça, c’est une autre histoire.

Pendant ce temps, j’ai élargi mon spectre aux restaurants et cafés du centre-ville mais toujours aucune réponse. J’avais imprimé une centaine d’exemplaires de mon CV et me promenais de boîte en boîte pour les déposer.

Finalement on a changé de secteur, on est venu sur Côte-des-Neiges (CDN), quartier animé, proche de l’université de Montréal. J’ai marché entre Queen Mary road et le plaza CDN (2km+ de distance) et déposé mon CV dans tous les magasins/restos/librairie/café que j’ai trouvé sur mon chemin. Début juin, je n’avais toujours pas trouvé d’emploi et j’étais exténuée.

Palais des congrès, situé dans le centre-ville

J’ai finalement eu une entrevue chez Victoria’s Secret dans le centre-ville mais ils ne m’ont pas recontactée.

J’ai également eu 2 entrevues dans des entreprises de marketing direct qui voulaient m’engager mais aucune ne m’a plue. Ce n’est pas pour moi ce qu’ils proposent : héler les gens dans la rue ou dans le métro pour leur demander de souscrire à un abonnement téléphonique, à un fonds de l’Unicef ou à une association caricative. Si encore le paiement se faisait par heures travaillées, j’aurais pu y réfléchir. Mais non, on est payé à la commission, en fonction du nombre de personnes ayant souscris. Peut-être un jour, mais actuellement, je n’ai ni la patience ni le courage que demandent ce genre d’activités.

Ce qui est arrivé par la suite était prévisible (vu les centaines de CV que j’avais semé dans la ville) mais je ne m’y attendais pas du tout et ça m’est tombé dessus, d’un seul coup.

Côte-des neiges a finalement porté ses fruits. La même semaine, j’ai eu 4 entrevues et les 4 se sont bien passées. La première était au café Il Panino, le gérant m’a dit qu’il embauchait des étudiants sans expérience au service à la clientèle, donc que mon manque d’expérience n’était pas un problème mais qu’il avait besoin de fiabilité. C’était l’été, la plupart de ses employés étaient partis en vacances et ceux qui étaient là appelaient sans cesse pour dire qu’ils étaient malades. S’il m’embauche, étais-je disponible immédiatement? Serais-je réellement disponible aux heures indiquées (les après-midi et soirs car j’allais au cours d’été les matins) ? J’ai dit oui et l’ai rassuré sur ce point. Il a paru satisfait et je suis rentrée chez moi en ayant la conviction qu’il m’embaucherait.

Malheureusement trois jours passèrent et aucune réponse. J’étais dans cette incertitude lorsque la gérante de la boulangerie Première moisson (ma boulangerie/ restaurant/ café préférée de la ville, l’endroit où j’avais le plus envie de travailler) m’a appelée pour me proposer une entrevue pour un poste au service à la clientèle. J’y suis allée pimpante parce que j’avais vraiment envie d’être embauchée. La gérante, lors de l’entrevue, a insisté sur les horaires de travail. J’ai indiqué des disponibilités le matin à Première moisson parce que mon cours d’été était sur le point de s’achever. Le travail commençait à 6h (car la boutique ouvre à 6h30), étais-je à l’aise avec cela ? J’ai dit oui car je vivais à moins de 15min en bus.

L’entrevue s’est bien passée mais deux jours plus tard, toujours pas de réponse.

La semaine juste avant de commencer à travailler, j’étais allée déjeuner chez un fofo (= grand frère) et sa femme. L’accueil qu’ils m’ont réservé, c’était fou. Je les rencontrais pour la première fois et je me suis demandée pourquoi j’avais autant tardé. Ils sont très gentils et ouverts d’esprit, de vraies âmes bienveillantes qui se sont trouvées. On a bien mangé, ri, parlé de ma recherche d’emploi et ils m’ont donné des conseils pour les entrevues. Après cela, ils sont partis en voyage tout l’été et en y repensant bien, j’aurais pu leur demander conseil avant de me laisser submerger par tout ce qui va suivre.

Toujours dans l’attente, j’ai reçu des appels de l’épicerie Métro CDN et du magasin de vêtements Forever 21 (situé au centre-ville) pour me proposer des entrevues.

J’ai passé une entrevue de groupe chez Forever 21 (c’était bien avant que la marque ne fasse faillite en Octobre) avec d’autres candidates pour un poste de vendeuse. La gérante nous a posé des questions pratiques : dans telle situation, que feriez-vous ? Je m’étais clairement démarquée dans mes réponses parce que je mettais l’accent sur le bien-être du client (enseigné par ma grand-mère commerçante) et l’intégrité (qualité personnelle développée dans l’environnement où j’ai grandi).

Chez Métro, la DRH m’a demandée si j’avais la phobie de la chaleur (c’était un poste au rayon boulangerie), si j’étais fiable et si j’étais disponible immédiatement car ils étaient en grosse crise de personnelle. J’ai répondu respectivement non, oui et oui. Après quelques questions et un coup de fil au DG, elle m’a embauchée sur place et j’ai signé les documents. J’étais trop contente, j’avais l’impression d’avoir fini par accomplir quelque chose : trouver un job.

C’est là que les choses commencèrent à se gâter.

Aperçu du boulevard Saint-Laurent avec ses lumières

Forever 21 m’a rappelée pour me dire que j’étais embauchée mais j’ai décliné leur proposition d’emploi. Ce fut un choix facile car le magasin était un peu loin de chez moi et je venais de trouver un emploi chez Métro.

Ensuite, le choix s’est corsé. Il Panino, où on m’a demandé de la fiabilité, m’a rappelée pour m’embaucher. J’ai accepté en me disant que 2 jobs, c’était gérable, j’en avais le temps.

Puis, Première Moisson, mon job de rêve, m’a appelée pour me dire que j’étais prise. J’ai dit oui sans même réfléchir.

Me voilà avec 3 jobs d’un coup. Au début je me suis dit que j’allais en quitter un immédiatement mais le choix n’était pas facile. Je m’étais retrouvée, une fois de plus, à cause de mon indécision, dans une situation délicate. 3 jobs à temps partiel à gérer sans savoir lequel liquider parce que je les aimais tous les trois. Il Panino, l’endroit où j’ai promis fiabilité ? Métro, ceux qui n’ont pas hésité à m’embaucher et qui étaient en crise de personnel ? Première moisson, mon job de rêve où j’aimais l’atmosphère de travail ? Dur de choisir.

Pourquoi je n’arrivais pas à choisir malgré la gestion difficile de mon emploi du temps et la fatigue extrême ?

Ps : les trois me payaient le même taux horaire, donc le critère financier était disqualifié.

Première Moisson : mon job de rêve, celui avec le moins d’avantages mais celui qui me rendait heureuse, vraiment heureuse.

Métro CDN : celui avec le plus d’avantages, où je me sentais vraiment utile mais où je travaillais souvent seule, ce qui noircissait mon moral. J’avais du mal à donner ma démission parce que je savais qu’ils étaient en crise de personnel et que cela m’avait bien été notifié à l’entrevue. Je ne voulais pas trahir la confiance qu’ils ont eu en m’embauchant du premier coup, surtout que ma supérieure au rayon boulangerie était vraiment sympa. Elle connaissait mes problèmes d’horaires et essayait de m’accomoder au mieux, elle me traitait comme une fille.

Il Panino : celui avec le moins d’avantages mais il y avait des pourboires intéressants et j’avais des coéquipiers sympas. Dur de quitter un emploi où on t’a embauché pour la fiabilité après 2 semaines et avec le 3/4 du staff en vacances : cela aurait ruiné ma crédibilité.

Donc, face à tous ces questionnements sans réponse, je restais. Mais à quel prix ?

C’était un travail de fou de coordonner mon emploi du temps pour éviter les conflits horaires, trop nombreux, les négociations interminables avec les collègues pour les remplacements de shifts, le manque de temps pour vivre…. c’était juste de la folie.

Les 3 sont dans le même quartier (les 2 premiers se font quasiment face), ce qui a vraiment facilité les choses d’un point de vue pratique. J’avais juste à marcher quelques mètres pour passer de l’un à l’autre.

Il y avait certains habitants du quartier qui étaient étonnés de me voir les servir le matin à première moisson et le soir à Il Panino.

Je travaillais tous les jours de 6h à 21h avec 1h de break. Je travaillais de 6h à 14h à PM ou à Métro et je travaillais de 15h à 21h à Il Panino. Le programme était simple : PM les matins, Il Panino les soirs et Métro les plages horaires restantes. Si bien que les matins où je ne travaillais pas chez PM et les soirs où je ne travaillais pas chez Il Panino, je travaillais chez Métro, donc je n’avais pas de jour off, ni samedi, ni dimanche. J’avais rarement des journées ou plages horaires libres mais je les passais devant Netflix ou à dormir. J’essayais surtout de dormir car j’étais fatiguée, je me couchais à 00h ou 1h du matin et me réveillais à 5h tous les jours.

Lorsque j’avais du temps, mes amis étaient occupés, et au lieu de sortir seule découvrir la ville, je préférais rester seule chez moi, dans ma chambre ou aller m’asseoir seule au parc ou dans un café à regarder netflix. Je passais des journées entières sans parler à un ami ou un parent, faute de temps. Mes interactions humaines étaient essentiellement avec les clients ou mes collègues de travail. Avant cet été, je sous-estimais l’importance de la santé mentale mais là, j’ai compris que c’était important. J’ai sombré un peu plus, jour après jour.

Les rares sorties que j’ai eu pendant cette partie de l’été étaient à La Ronde, le parc d’attraction de Montréal car j’avais le pass saison. J’y suis allée deux fois avec deux amis différents. On a fait plusieurs manèges, tous plus effrayants les uns que les autres, mais ça me détendait. Je les aurais tous fait si les queues infernales du parc m’avait laissée faire, trop de monde.

La Ronde

Les samedis de Juillet, il y avait des feux d’artifice sur l’île jean Drapeau, c’était magnifique. Les feux d’artifices ont une beauté qui sait toucher mon âme.

À part ça, je me sentais vraiment seule pendant cette période, mes amies avec lesquelles je traînais , Aïssata et Nafissa étaient en voyage. Les autres étaient occupés, moi-même j’étais occupée, c’était infernal. Les seuls rayons de lumière que j’avais dans ces jours là, c’étaient les appels avec mes sœurs, mes parents et les autres membres de ma famille, des appels de plusieurs heures avec ma sœur Rietos (Mariette pour le public) qui calmaient mon esprit agité.

Il n’y avait pas que le travail qui me rendait morose mais il y participait grandement. Je subissais tout ça parce que je n’avais pas le courage de quitter 1 ou 2 de mes jobs et je m’en voulais de cette lâcheté. Le pire, c’était que les salaires n’étaient pas fameux. Je travaillais beaucoup, plus de 60h par semaine, pour un salaire minimum, voire moins après taxes.

J’essayais d’expliquer ça parfois, à mes amis, à ma cousine, mais ils ne comprenaient pas. J’avais tellement galéré pour trouver un job que quand la roue a tournée, j’en ai accepté 3 juste pour me prouver à moi-même que j’y étais finalement arrivée. Je travaillais bien dans mes 3 jobs (ponctuelle, souriante et efficace) mais je n’étais pas épanouie, je ressentais le fameux vide mentionné quelque part dans cet article. C’était infernal.

Et un jour j’ai craqué. Burn-out. Littéralement.

Je tiens à préciser que j’ai 2 indices visibles qui me permettent de mesurer à quel point je vais mal : 1- sortir en jogging (je ne me donne plus aucun mal pour mon apparence) et 2- pleurer dans les transports en commun (c’est une activité tellement humiliante). Alors le soir où je me suis retrouvée à pleurer en jogging dans le bus, comme un enfant, j’ai su que je touchais le fond, à cette époque je pensais l’avoir touché mais ce n’est que plus tard, que j’ai su ce qu’était réellement touché, peut-être même ne le sais-je pas encore.

J’ai quitté un de mes jobs, pour de bon, je vous laisse deviner lequel. J’ai eu un préavis de deux semaines, qui a finalement duré 3 semaines, pendant lequel je devais continuer à travailler. Au même moment, j’ai prévenu mes deux autres employeurs que j’irais en congé dans 2 semaines. Tout était prêt.

Pendant que les deux semaines passaient, je me demandais ce que j’allais faire de mes vacances et ma fameuse liste d’été est revenue dans mon esprit. J’ai décidé de commencer par une visite chez ma cousine à Gatineau, changer d’air pour voir clair dans la suite.

Cela nous mène à la partie du film où les scènes sont tournées à Gatineau, les paysages sont verdoyants et les personnages très rieurs.

Avertissement: Beaucoup de personnages de ma vie sont dans le casting.


Gatineau, Qc + Ottawa, On


Canoë au Lac Phillipe, dans le parc de la Gatineau

Gatineau.

Gatineau est une bourgade située à 2h de Montréal en voiture avec de la végétation, aucun métro, un Dairy Queen et beaucoup de quiétude.

Gatineau ne ressemble en rien à Montréal, si ce n’est la présence des mêmes chaînes de magasins et restaurants qu’on retrouve partout. C’est le genre de lieu où on peut trouver la paix, si on se donne seulement la peine de la chercher. C’était le genre d’endroit qu’il me fallait pour changer d’air, des êtres chers y vivent et j’avais besoin de beaucoup de good vibes.

En faisant ma valise pour Gatineau, j’ai remis ma liste d’été à l’ordre du jour dans mon esprit, prête à profiter à fond du reste de l’été. On était au début du mois d’Août, l’été n’était pas encore terminé, je pouvais encore sauver les meubles.

À Gatineau, je me réveillais rarement avant 11h du matin. Avant de juger, souvenez-vous que je travaillais tous les jours à 6h du matin ( j’étais en tenue, prête, sur le plancher à 6h tapantes).

Je prenais de longues douches au réveil, mon corps et mon âme avaient vraiment besoin de soins. Je prenais du temps pour me maquiller avant de sortir. J’allais me promener à Ottawa, la capitale du pays (20min en bus de Gatineau), pendant la journée, explorant les rues, les cafés, me posant pour lire, passer sur les réseaux. Je mangeais souvent au restaurant et je dépensais mon argent comme je l’avais gagné, avec énergie. Ma cousine Phizou, avec qui je vivais, me disait souvent « tu es riche » ou « tu exagères » pour me signaler son mécontentement mais je lui répondais : « imagine ce que c’est de gagner de l’argent sans avoir ne serait-ce que le temps ou l’envie de le dépenser, c’est ce que je ressentais « . Elle essayait de me comprendre tandis que j’essayais de modérer mes dépenses.

J’ai revu Arthur, un de mes amis les plus chers. Dur d’imaginer qu’on vivait dans la même ville et qu’on étudiait au même endroit sans jamais avoir le temps de se voir. Il était venu rendre visite à sa sœur à Gatineau (bien avant mon arrivée ) et y a passé quasiment tout l’été. On s’est revu, on a fait les courses ensemble, on a ri, sa sœur nous a commandé des poulets chez St-hubert et on les a mangé. Sa sœur c’est un vrai sucre de la vie, douce et belle comme un morceau de sucre.

On traînait des heures devant la télé, Phizou, Mel (mes charmantes hôtes) et moi, à regarder des films, à faire du karaoké sur les auditions à l’aveugle de The Voice et à commenter les stratégies douteuses des Marseillais vs le reste du monde.

Dans cette euphorie, mon oncle et ma tante, les parents de Phizou sont arrivés. Ma tante préparait de bons petits plats de chez nous en grande quantité, comme si elle devait nourrir un régiment, et on se régalait. On avait tout le temps la visite de cousins et amis, Emmanuel, Perets, dada (=grande sœur) Ariane, dada Sandra, tous attirés par la chaleur de ce couple et par les bons plats de tantie. Tonton et tantie sont tellement affectueux et faciles à vivre, ils nous donnaient des conseils autour des relations amoureuses, puis la discussion déviait sur leurs différents voyages et les meilleurs aéroports du monde. Nous, les plus jeunes, qui avions à peine un passeport, écoutions en hochant la tête et en riant de leurs déboires.

Leur présence, leur chaleur, rire avec eux, c’était un besoin dont j’ignorais l’existence.

À Gatineau, j’ai aussi passé deux nuits chez dada Sandra. En matière de douceur, elle aussi bat des records, un autre sucre de la vie. J’ai tellement bien dormi dans le lit de dada Gloria, sa sœur, qui était en voyage que je n’avais finalement plus envie de rentrer. Elle a cuisiné une grosse casserole de pâte à la viande hachée pour moi, je me suis régalée.

Je me souviens de cet après-midi au lac Phillipe pour faire du canoë avec Emmanuel, Perets, Phizou, Mel, Kadmiel, son cousin et un de ses amis. Malheureusement, la météo n’a pas voulu collaborer, un orage s’approchait et on n’avait pas le droit d’aller sur l’eau.

Moi, avant d’apprendre qu’on n’irait pas sur l’eau

On s’est tous rabattu sur l’un des 6 Mcdo de Gatineau et on a chillé. Le soir il était prévu qu’on aille dans un game club mais ce n’était qu’un détour pour la fête d’anniversaire surprise d’Emmanuel. Il s’y attendait un peu mais la soirée était drôle, bon enfant et tout le monde rigolait. Elle s’est achevée sur une partie de loup-garou mouvementée. Je ne connaissais pas le jeu et comme le dirait ma copine Erika, « Loup-garou, ça gâche des amitiés » lol.

Je bénis ce jour où Phizou et moi nous sommes arrêtées au Dairy Queen juste pour « tester », sans ça je n’aurais jamais découvert le tourbillon saveur Oreo, l’une des 7 merveilles de mon monde et du paradis en gobelet (si vous avez le bec sucré). Essayez d’imaginer la meilleure crème glacée de l’univers dans un pot, accompagnée de morceaux de brownie au chocolat, de coulis au chocolat et de fragments d’Oreo noirs. Paradise, I swear. Il y a probablement des Dairy Queen à Montréal mais je ne vais qu’à celui de Gatineau. J’ai envie de rattacher ce sentiment et cette crème glacée à cet endroit précis : le Dairy Queen Threat sur le boulevard Alexandre-Taché.

Le fameux Dairy Queen

Il reste tellement d’épisodes non mentionnés, tata G. et ses plats à tomber, l’épisode du Uber Eats et de A&W, les soupers nocturnes avec des plans Èba*, le magasinage dans les magasins hors de prix du centre Rideau, les plans Agoun* et les parties de Scrabble du dimanche.

Gombo et Cassoulet chez tata G.

Je retiens ça de Gatineau : la douceur, l’amour, la joie, les rires, les bons plats, les journées remplies de légèreté, la grâce de certains instants, les événements non programmés qui nous tombent dessus et nous rendent heureux.

J’ai ri cette fin d’été, j’ai beaucoup ri.

Je savourais l’instant, je prenais le temps de regarder un coucher de soleil, de laisser le soleil brûler ma peau.

Je percevais le bout du tunnel.

J’ai fait un saut à Montréal pour préparer la rentrée et pour suivre la première semaine de cours. Puis je suis revenue un week-end pour dire au revoir à mon oncle et ma tante qui rentraient.

Donc, le tournage est de retour à Mtl.


Mtl, I love you


Terrasses

Du moment où je suis arrivée au Canada jusqu’à mon retour de Gatineau, j’avais toujours connu une version mitigée de Montréal.

En arrivant à Montréal, je m’attendais à être impressionnée, vraiment impressionnée. Je pensais que ça ressemblerait à New York parce que je pensais que la majorité des villes américaines ressemblaient à New York, mais ce ne fut pas du tout le cas.

Je voyais Montréal à travers ce qu’elle avait de pire : la neige, le froid, les trottoirs remplis de flaques et de boue, les retards des bus, les arrêts de service du métro, la surconsommation, la cherté de la vie, la non-ressemblance au New York des films.

De retour de Gatineau, j’avais l’impression de regarder une nouvelle Montréal, une Montréal plus belle.

J’ai traîné dans les rues du centre-ville, je suis allée voir l’exposition Couturissime de Thierry Mugler au Musée des Beaux-arts de Montréal, j’ai flâné sur les terrasses des cafés, je suis allée à Laval, j’allais faire mes courses à pied et parcourais mon quartier à pied, ce que je ne faisais pas en hiver.

Couturissime de Thierry Mugler au MBAM

Je suis aussi retournée à La Ronde dans une dernière virée de l’été. À la base, ce devait être Wonderland, un parc aquatique, mais face aux conditions climatiques ce jour-là, on a décidé de se rabattre sur La Ronde tranquillement.

Par « on », je veux dire une dizaines de personnes dont dada Ariane, Emmanuel, Perets, leur frère Miguel, Phizou, Mel, Élisée, Déborah, ses sœurs, son frère et moi.

À la base, c’était un barbecue donné par Déborah, suivi d’une bonne nuit de sommeil et Wonderland le lendemain. Malheureusement ou heureusement, le barbecue a commencé tardivement, vers 22h, ne me demandez pas pourquoi, l’explication pourrait être plus longue que cet article. Le plan barbecue de 22h s’est alors transformé en pyjama party. On a essayé de jouer à un jeu, je ne me souviens plus lequel puis on a regardé un film d’horreur. Au moment de dormir, on s’est réparti entre les chambres de l’appartement et le salon. Un grand lit gonflable a été installé dans le salon à cet effet, en plus des fauteuils et des nattes (sorte de tapis sur lesquels on peut se coucher) ramenées exprès de Gatineau. On a passé une bonne nuit de sommeil, certains dans le confort des matelas, d’autres dans l’inconfort du sol.

Le lendemain matin, on a fait un super petit déjeuner en réchauffant les restes de la veille. On a beaucoup rigolé autour de ce petit déjeuner, parlant de tout et de rien, nous demandant si on pouvait réellement aller à Wonderland avec l’orage qui menaçait. C’est toujours autour de ce petit déjeuner que nous avons établi le plan de la journée et décidé d’aller à La Ronde, où nous avons eu une bonne dose de sensations fortes.

La Ronde

Nous en sommes rentrés affamés, prêts à attaquer la nourriture africaine promise par notre hôte, Déborah. Entre temps, le restaurant et elle ont eu un malentendu et elle a commandé des pizza à la place.

On a passé une autre belle soirée et le dimanche matin, les gatinois sont rentrés à Gatineau et moi je suis rentrée chez moi, tous en remerciant chaleureusement Déborah.

Ps : Déborah I love you (elle aussi je l’appelle dada mais le texte était assez lourd comme ça).

Par ailleurs, le week-end précédent, Phizou était venue à Montréal pour voir une de ses amies, de passage dans la ville. Nous sommes allées manger dans un restaurant, le Cacao 70, et c’était ma première fois au restaurant depuis mon retour.

Fondue aux fruits et mignardises- Cacao 70

Ces derniers jours d’été m’ont fait découvrir un autre Montréal, que j’aime à présent. Maintenant je regarde la ville avec un regard indulgent, consciente de ses qualités et ses défauts.

Je n’ai pas pu finir ma liste d’été mais j’ai essayé de la réaliser chaque jour au-delà de l’été.

J’ai finalement acheté mes fournitures scolaires et repris le chemin de l’école sans regret.


La conclusion de cet été là est que je vais détester être un bourreau de travail. Je ne peux pas supporter de n’avoir que ça dans la vie. À quoi ça sert d’avoir de l’argent dans son compte en banque si on n’a même pas le temps de se poser 1h dans un restaurant pour manger convenablement.

Beaucoup d’argent, pas de temps pour être heureux : moi, Marlys Grace, je refuse que ma vie ressemble à ça.

On a tous besoin de temps dans la vie. Du temps pour nous, pour prendre soin de nous, pour avoir du plaisir avec les autres. Du temps pour être heureux. C’est important.

On arrive à la fin de ce billet, je suis heureuse d’avoir partagé tout cela avec vous.

Bonne journée à vous.

Bisous.