How two broke girls planned a 10 days road trip in Canada

Le road trip en question a eu lieu en Décembre dernier et les « two broke girls » sont mon amie Suzy et moi (estimation du coût total en fin d’article).

Je viens d’avoir l’inspiration pendant le cours de logique, ennuyeux à souhait, après avoir fait un tour sur la page instagram de Jessica Nabongo, la première femme noire à avoir visité tous les pays du monde.

Jessica Nabongo au Sénégal (instagram )

J’ai découvert sur son site web qu’elle a vécu 5 mois dans mon propre pays, le Bénin, et qu’elle s’est rendue littéralement partout. Imaginez les expériences qu’elle a vécu et la qualité des souvenirs dans son esprit. Juste waow. Je me suis inspirée des destinations identifiées dans ses posts pour mettre à jour ma bucket-list (eh oui, j’en ai une depuis mes 15 ans).

Je suis une voyageuse dans l’âme. Cela m’a peut-être été transmis par ma mère et son sens de l’aventure ou est-ce le fait d’avoir vécu toute ma vie au même endroit qui m’a inspiré ce profond désir d’aller voir ailleurs, je ne saurais le dire. Le fait est que j’ai une envie féroce de découvrir le monde et tout ce qu’il a à offrir.

Avant la question du budget, je me demandais souvent avec qui je ferais ces voyages. Les personnes pouvant m’accompagner sont soit loin de moi, soit indisponibles, soit inintéressées par les voyages. Ainsi, dans mes recherches sur les voyages (Instagram, les sites webs, les blogueurs, les livres de voyage), j’ai découvert le concept de solo voyageur.

Chifi Ashley à Kuala Lumpur, (instagram)

Chidi Ashley est la première qui a su rendre cette idée réaliste dans mon esprit. Partir à l’autre bout du monde seule est devenu envisageable pour moi, mais je n’en suis pas encore là.

Je suis en décembre, à la fin d’un semestre stressant, où tout ce que je veux c’est changer d’air. J’ai tendance à fuir la ville quand ça va mal mais je le fais parce que je le peux. Je n’ai pas d’emploi à temps plein, je n’ai personne à ma charge et, en dehors de l’école, je n’ai pas de « responsabilité »qui me maintienne en ville. Je peux juste me réveiller un matin, prendre mon sac à dos et parcourir le pays. Toutes les « grandes » personnes que je rencontre me donnent, entre autres, ce même conseil : épargne et voyage autant que tu peux.

Je profite donc de mon temps libre pour découvrir le Canada, ses villes, ses décors et ses aurores boréales.

En décembre, voulant changer d’air, je réfléchissais aux possibles destinations de mon voyage (Toronto, Québec, Halifax, un week-end au ski) et c’était assez imprécis dans mon esprit. J’avais également un groupe d’amis avec lequel je prévoyais faire un trip pour Noël ou le nouvel an mais, malheureusement, le projet est resté au statut quo, faute de réactions.

L’APPEL

Suzy Sav. (instagram : _blvckart.prod)

Je savais donc que je voulais voyager mais je ne savais pas où aller, avec qui y aller et combien cela me coûterait.

J’étais dans ces questionnements lorsque mon amie Suzy ( vous pouvez retenir son nom parce qu’elle va beaucoup intervenir par la suite) qui vit à Sherbrooke m’a appelée. Elle m’informait qu’elle devait se rendre à Québec city pour un rendez-vous mais qu’elle ne voulait pas y aller seule et y passer une seule journée. Je précise qu’elle faisait partie du groupe d’amis mentionné ci-dessus et qu’elle s’était vraiment impliquée dans le projet. Elle avait fait des recherches sur les différentes villes, comparé les appartements sur Airbnb et évalué le coût d’un chalet pour le séjour. Elle était vraiment déçue que le projet n’aie pas vu le jour. Alors, lorsqu’elle m’a appelée pour ne parler de Québec, j’ai spontanément, pour ne pas dire très spontanément, proposé de l’accompagner. Et ce fut l’une de mes meilleures décisions depuis longtemps. On a prévu séjourner 3 jours à Québec pour découvrir la ville et son architecture historique.

J’ai toujours dit, et je continue de le dire, qu’il y a des amis pour tout dans la vie. Il y a des amis avec qui sortir et rigoler, des amis avec qui vivre, des amis avec qui travailler et même des amis avec qui voyager. Il y a des amis pour toutes sortes d’occasions et un même ami peut ou peut ne pas appartenir à plusieurs catégories. J’ai des amis avec lesquels je peux étudier mais pas vivre parce que nos tempéraments sont trop différents. De même, j’ai d’autres amis avec lesquels je peux sortir mais pas voyager parce qu’ils ne sont pas intéressés. Et tout ça est correct, cela me convient très bien.

Je suppose que les conflits commencent lorsque tu essaies de faire avec certaines personnes des activités pour lesquelles vous n’êtes pas compatibles.

C’est donc la première chose dont je me suis inquiétée dans mon voyage avec Suzy : la comptabilité. Je savais que nous étions compatibles pour rire ensemble, voire même vivre ensemble mais l’étions-nous pour voyager ensemble ?

Et la réponse fut OUI, un grand OUI, grâce au ciel. Pendant la préparation du voyage et son déroulement, il y avait un grand nombre de décisions à prendre mais nous étions souvent sur la même longueur d’onde. Nous abordions facilement tous les sujets, même les plus épineux, ce qui ne laissait pas de place à l’ambiguïté dans notre relation. Lorsqu’on voyage à plusieurs, c’est souvent dur de se mettre d’accord mais nous y parvenions facilement. Et je dois ajouter qu’elle est facile à vivre. Ô Dieu, que Suzy est facile à vivre. Cela a rendu notre voyage vraiment fun avec peu de moments stressants et beaucoup plus de moments drôles.

Ainsi, après le fameux appel d’introduction, se sont suivis des heures et des heures d’appels téléphoniques pour tout coordonner. Je rappelle que nous vivons dans des villes différentes quand même. Il a fallu des dizaines de messages whatsapp pour tout ce qui a trait à l’aspect pratique du voyage et des virements interac pour finaliser nos réservations.

23 Décembre 2019, à la gare de Montréal, nous étions prêtes.

La première idée qui paralyse les gens, et qui m’a paralysée aussi, est la question : ça va coûter combien ?

Comme mentionné dans le titre, nous étions deux jeunes filles pas mal fauchées à cette période. Cela n’a pas vraiment changé but who cares ?

Voici la planification du voyage avec les prix les plus exacts possibles (ce sont des données qui changent selon les saisons).

Premier point : les destinations.

Montréal au centre

Jusque-là il ne s’est agi que de Québec city. Je vous conseille, pour un road trip ou un trip tout court, de vous asseoir pour tracer clairement un itinéraire clair à suivre. Lieux, dates, durée de chaque séjour…

Dans notre cas, ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé. Et peut-être que si nous avions eu un plan solide dès le départ, nous aurions perdu moins de temps et d’argent à certains moments.

Notre voyage a commencé à Québec. Ensuite nous sommes allées à Sherbrooke, dans la ville de Suzy, ce n’était pas du tout prévu mais j’avais l’occasion de découvrir cet endroit et j’ai sauté dessus. Puis, nous sommes venues à Montréal pour passer le nouvel an. Et enfin, nous avons fait un voyage d’une journée à Ottawa avant de revenir à Montréal.

En résumé :

Montréal (Suzy est venue me rejoindre à Montréal et nous sommes allées à Québec ensemble)

Québec

Sherbrooke

Montréal

Ottawa / Gatineau

et Montréal

Dans un délai de 10 jours.

Deuxième point : les modes de transport.

Premier voyage en bus : Montréal -Québec

Tous ces voyages étaient terrestres alors je n’évoquerai que deux moyens de transport : le covoiturage et le voyage en bus.

Le covoiturage est financièrement le plus avantageux (environs la moitié ou le tiers du prix d’un ticket de bus) mais d’un point de vue confort et fiabilité, le bus est meilleur.

Le covoiturage, contrairement au bus, se gère entre particuliers (groupes facebook, bouche à oreille) et le conducteur qui offre le covoiturage peut se réveiller le jour J et ne pas se sentir bien (ça m’est déjà arrivé) ou annuler le voyage pour une raison X ou Y. Tous tes plans sont alors chamboulés car il est difficile de trouver un autre covoiturage dans l’immédiat.

Le covoiturage est plus fiable lorsqu’il est géré professionnellement par des sites qui mettent en relation les conducteurs et les passagers. Chaque partie est soumise à certaines règles et les annulations sont moins fréquentes. Le site perçoit un montant sur chaque trajet (5$), payé par le passager, et chacun est rassuré. Le site que j’utilise et que je recommande est Amigoexpress.com , le site le plus populaire au Québec. Facile à utiliser et les utilisateurs sont souvent corrects.

Côté fiabilité, la compagnie de bus est meilleure. Quelque soit ce qui se passe au niveau des particuliers (si un conducteur de bus est malade, un autre le remplace) , le voyage aura lieu. Quitte à faire voyager un bus quasiment vide de Montréal à Sherbrooke (nous étions 3 dans un bus de 50 places : Suzy, un inconnu et moi), un engagement est un engagement. De plus, le voyage en bus semble moins long car les sièges sont plus confortables que ceux d’une voiture. Ps : si vous voyagez à 2, ou à plusieurs, allez vous enregistrer dès l’ouverture des portes pour avoir des places côte-à-côte.

Le seul réel inconvénient du bus est le prix du ticket. Un aller-simple Montréal-Sherbrooke coûte environs 40$ lorsqu’un trajet en covoiturage coûte 15 ou 20$.

De même, les prix sont assez élevés pour certains trajets. Suzy, qui gérait exclusivement les réservations en bus s’est rendue compte que 2 tickets de bus (Québec-Montréal suivi de Montréal-Sherbrooke en 4h30 d’une compagnie A) nous revenaient moins cher qu’un aller direct Québec-Sherbrooke (durée 2h30, d’une compagnie B ). Il faut être vigilant avec les prix. D’un point de vue temps, c’est sûr que le ticket direct était plus avantageux mais lorsqu’on est en vacances et qu’on a rien à faire, perdre du temps en voiture n’est pas un problème.

En somme :

– privilégiez le covoiturage lorsque vous voyagez léger (une valise et un sac à dos max), de jour, sur de courtes distances, pouvez faire face à des imprévus ou avez un budget serré;

– privilégiez le bus lorsque vous voyagez sur de longues distances, avez beaucoup de bagages, voyagez la nuit ou avez un planning serré à respecter.

Troisième point : le logement.

Nous avons eu deux problèmes d’hébergement au cours de notre trip.

Le premier est l’hébergement à Québec. À la base nous devions être hébergées par un oncle de Suzy et sa femme mais 48h avant le départ, le tonton était toujours injoignable (involontairement, c’est un homme très gentil mais très occupé, entre deux autoroutes) et nous ne pouvions pas bouger dans cette incertitude.

Nous avons donc décidé de prendre la situation en main et de booker un hôtel, comme des pacha. On avait un peu peur au début, s’attendant à un budget de plus 1000$, on pense toujours que ce sera cher alors que non.

Au début, notre attention s’est portée sur les Airbnb, réputés pour être moins chers que les hôtels. Après avoir approfondi les recherches, nous nous sommes rendues compte qu’à Québec city, les prix des Airbnb avoisinaient ceux des chambres d’hôtels proposés en ligne. Nous avons finalement échoué sur le site de réservation Hotels.com et avons booké une chambre dans l’hôtel le moins cher se trouvant près du lieu de rendez-vous de Suzy car nous ne connaissions pas la ville (je le nommerai dans l’article intégral sur Québec city). Il coûtait 120$/nuit sans possibilité d’annuler la réservation et 170$ avec. Nous avons décidé de prendre l’option à 120$ car, vu les photos de l’hôtel, nous étions sûres de nous y plaire. Je ne veux pas rentrer dans les détails ici mais les photos d’un hôtel sur internet peuvent ne pas être des photos de l’hôtel en question. Traquez toujours les avis et les photos publiées par les clients sur Google maps ou toute appli du genre.

Nous avions réservé une chambre pour 3 nuits et un peu moins de 400$, sans petit déjeuner. Cela nous a réellement fait des économies de prendre une chambre commune : à deux, ça nous revenait à moins de 200$ chacune, une somme qu’on peut dépenser juste à l’épicerie.

À Sherbrooke, nous sommes restées chez Suzy et à Montréal, chez moi.

Le deuxième problème d’hébergement est à Gatineau. Nous devions rester chez ma cousine pour 2 ou 3 jours mais cela ne s’est pas fait, faute de communication : je l’ai prévenue assez tardivement et pendant les fêtes, les communications étaient assez difficiles et les rétroactions lentes.

Avoir des connaissances dans une ville qu’on visite, ça aide vraiment mais cette aide est sujette à des imprévus donc ce n’est que prudence d’avoir un fond « hébergement  » à côté juste au cas où.

Quatrième point : les activités et la nourriture.

Glissade de la Terrasse Dufferin, Québec

J’ai envie de dire qu’instagram a fait le son mais pas vraiment. Nous avons fait des recherches internet en commençant par les deux principaux sites de divertissement et d’informations au Québec : Narcity.com et mtlblog.com appartenant à la même entreprise médiatique.

Si vous ne trouvez pas une info divertissante sur ces deux sites, il est peu probable que vous la trouviez ailleurs.

On est tombé sur cet article de Mtlblog listant les activités à faire à Québec cet hiver. De même que cet article parlant spécialement de la glissade sur la Terrasse Dufferin.

Par ailleurs, arrivées à Québec, le tonton cité plus haut et sa femme nous ont emmené dîné et ont profité de l’occasion pour nous suggérer quelques lieux à voir en ville. On a aussi fait des activités imprévues, découvertes au détour d’une ruelle.

Une fois de plus, Sherbrooke, c’est la ville de Suzy et Montréal la mienne donc nous nous sommes mutuellement jouées les guides touristiques. Je ne connais pas TOUS les supers endroits de Montréal mais j’en connais déjà assez et je continue d’aggrandir cette liste.

À Ottawa, nous nous sommes plus promenées que nous n’avions joué les touristes (nous ne disposions que de quelques heures libres et manquions cruellement de sommeil).

*******Quant à la nourriture, c’est avec un peu de honte que je fais cet aveu : nous n’avons fait que manger au restaurant. Que ce soit le petit déjeuner, le déjeuner, le dîner ou une petite crème glacée, nous mangions exclusivement dehors et jamais 2 fois au même endroit (il faut découvrir culinairement les coins aussi). Tout cela a participé à notre découverte culinaire des lieux et nous a permis de nous reposer ( nous étions quand même en vacances). D’un point de vue économique, notre portefeuille a beaucoup souffert de ce choix, mais c’était nécessaire. Si nous avions eu un budget plus serré (avions passé plus de temps à l’hôtel), nous aurions peut-être agi différemment.

Cinquième point : le budget à prévoir.

(Source : Ici Radio Canada, 2019)

Je sais, je sais, je sais, vous voulez un nombre précis, des chiffres.

Mais la vérité est que je ne sais pas quels chiffres vous seraient utiles. Je pourrais facilement balancer 1000$ ou 1500. Nous avons fait des dépenses obligatoires et des dépenses facultatives. Par exemple, nous avons pris des Uber et des taxis lorsque nous étions en retard ou qu’il n’y avait pas d’autre moyen de transport disponible, mais cela ne sera pas le cas de tout le monde.

Cependant, voici les principales catégories où nous avons dépensé de l’argent : (à deux)

Chambre d’hôtel : 400$

– Activités (20%) et Nourriture (80%) : 500$

– Covoiturage : 80$

– Bus intercity : 320$

– Taxis et Uber : 40$

– Bus (transport dans chaque ville) : 85$

Ce voyage a donc coûté environs 1500$ à deux, soit environs 750$ chacune. Ce montant comprend les imprévus, ces événements inattendus qui nous mettent hors de nous mais nous enseignent ce qu’est réellement la vie.

Ainsi, ce budget pourrait facilement être réduit à moins de 500$ si on réduit les sorties au restaurant (beaucoup trop dans notre cas) et qu’on privilégie le covoiturage. Nous voyagions souvent de nuit et, pour notre sécurité et la tranquillité d’esprit de nos parents, nous avons pris le bus pour la majorité de nos trajets.

Néanmoins, si cela peut vous rassurer, nous avons rentabilisé notre argent en profitant pleinement de chaque moment.

Clap de fin

J’ai partagé les infos qui me semblaient essentielles. Si j’ai oublié quelque chose, ou si vous avez des questions, vous pouvez me le signaler en commentaire.

Cet article est un peu comme le squelette de notre voyage. Les points spécifiques avec les vrais détails seront abordes dans d’autres articles spécifiques (qui viendront bientôt si mes examens ne m’achêvent pas avant).

Un gros bisou à Suzy, qui se trouve actuellement loin de mes yeux mais près de mon cœur. Son compte Instagram ici. Love you girl.

Un gros bisou à nos parents, tontons, tantines, qui, indirectement ou directement ont participé au financement du voyage, nous ont accueilli et nourri, et nous ont donné des conseils tout au long du chemin. Merci à vous.

J’espère que cet article vous aura instruit ou distrait mais qu’il aura, d’une manière ou d’une autre, apporté quelque chose à votre vie. J’espère inspirer le sens de l’aventure et la recherche du bonheur à toute personne qui me lit.

Un gros bisou à toi aussi.

Sur ce, je vous laisse sur les notes de Memories des Maroon 5. Cette chanson touche mon cœur, je l’avoue.