#JeSuisUneVictime : la honte et la peur doivent changer de camp !

Bonjour chez vous.

Bon dimanche, bon début du mois de Mars, bonne journée internationale des droits de la Femme à toutes les femmes du monde.

Mars a commencé en feu sur internet et dernièrement Twitter s’est déchaînée pour des causes importantes.

Il y a d’abord eu le hashtag féministe #vraiefemmeafricaine , lancé par la journaliste féministe Bintou Mariam Traoré, qui dénonce les stéréotypes liés au rôle d’une femme africaine type dans son foyer et aux abus que celle-ci subit.

Ensuite, cette semaine, c’est le hashtag #jesuisunevictime qui a ébranlé la société et les réseaux sociaux. C’est un hashtag qui veut libérer la parole et permettre aux victimes d’agression sexuelle de parler librement sans peur du jugement.

Des filles et des femmes ce sont levées pour raconter leurs mauvaises expériences, avec plus ou moins de détails, en nommant parfois publiquement leur violeur. Ce sont leurs petits amis, amis de confiance, frères, cousins, pères, beaux-pères, oncles, rencontres d’un soir. Ce sont des inconnus ou des personnes qui leur tenaient à cœur. Ce sont aussi des « stars » des réseaux sociaux, adulées par la jeunesse, qui véhiculent des messages positifs et promeuvent le respect des femmes.

Certaines femmes ont révélé qu’elles ont subi des abus plusieurs fois, d’autres pendant pendant des années avec la même personne ou pas. Quelque soit le nombre de fois, chaque agression compte et la première fois est la fois de trop.

L’horreur de tout cela est le viol des enfants. Comment peut-on avoir des désirs sexuels pour des enfants de 2-3 ans qui savent à peine matcher ? C’est complètement inhumain. Une pensée pour tous ces enfants abusés et parfois morts des suites de leurs blessures. Une pensée pour leurs parents.

****************

Dans cet article, je vais aborder un cas pratique de dénonciation sur Twitter, définir ce qu’est l’agression sexuelle et mettre en avant la notion de consentement. Ensuite nous verrons le comportement à avoir face à une victime et le comportement à avoir lorsque l’on est une victime.

Étude de cas

J’ai lu ce tweet ce matin qui m’a interpellée :

Voici le lien vers la version originale.

En gros, elle révèle que deux stars ivoiriennes qui l’ont agressée. Dans un autre tweet, elle révèle qu’une troisième star (Elown du groupe Kiff no beat) était présente et a assisté à la scène sans rien faire.

Je ne sais pas si ces allégations sont fondées ou pas (je penche pour le oui mais je veux m’éviter un procès inutile) mais ma première pensée a été : « n’a-t-elle pas honte de révéler quelque chose d’aussi personnel sur internet ? »

Oui, vous lisez bien. Une fille venait de raconter comment elle avait été sodomisée de force et au lieu de compatir, tout ce que je me demandais c’était si elle n’avait pas honte. Honte de quoi en fait ? D’avoir été violée ? De le dénoncer publiquement ? De mettre en garde d’autres « futures victimes » ? Honte de quoi ?

Je me suis rendue compte que quelque chose clochait dans mon raisonnement et selon Emmanuel Kant, lorsque nous pensons, c’est la société qui pense en nous. C’était donc la société en moi qui blâmait cette fille de révéler publiquement un viol. On vit dans une société où il est plus indécent de révéler qu’on a été violé que de violer quelqu’un. La victime, la personne violée, devrait avoir honte d’avoir été abusée, se taire et en souffrir toute sa vie tandis que le violeur reste en liberté et continue de détruire la vie d’autres personnes.

Il y a quelque chose qui cloche dans cette philosophie, ne trouvez-vous pas ? Pourquoi devrait-on avoir honte ?

C’est souvent dur de s’exprimer sur ce qu’on a vécu (traumatisme, la peur de ne pas être cru, la honte) et lorsqu’on le fait, le soutien reçu est insuffisant voir inexistant mais parler peit être le premier pas vers la guérison.

Et plus on se tait, plus on expose d’autres personnes.

Je tiens à rappeler qu’il n’y a pas que le viol (rapport sexuel imposé à une personne sans son consentement, Larousse) qui soit à blâmer. Embrasser ou toucher sexuellement quelqu’un sans qu’il en ait clairement exprimé le désir sont aussi des agressions sexuelles.

Quand peut-on parler d’agression sexuelle ?

« Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage. Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique, et à la sécurité de la personne » ( agressionssexuelles.gouv.qc , http://www.scf.gouv.qc.ca/index.php?id=115).

Une agression sexuelle n’a pas besoin d’être un viol pour mériter d’être prise au sérieux. Embrasser quelqu’un contre son gré, sans qu’il en ait manifesté clairement l’envie ou après qu’il ait manifesté le désir d’arrêter est une agression sexuelle.

C’est déjà bien de promouvoir la libération de la parole, d’encourager les victimes à parler, d’éventuellement punir les violeurs et d’effrayer les futurs violeurs (si tu le fais, tu seras dénoncé et puni) mais avant cela on doit enseigner aux gens la notion de consentement dans les rapports amoureux. Les parents doivent l’enseignaient à leurs enfants, les professeurs d’école à leurs élèves : SANS OUI, C’EST NON (Source Québec).

Inviter une fille à sortir et/ou lui faire des cadeaux NE SIGNIFIE PAS qu’elle doit avoir des relations intimes si elle n’en a pas envie. Le fait qu’une fille s’habille de manière sexy ou rende visite à un homme tard le soir NE SIGNIFIE PAS qu’elle veuille avoir des relations sexuelles avec lui.

Être libre de faire quelque chose, c’est aussi être libre de ne pas faire.

On doit bâtir une société où chacun respecte l’autre et ne se laisse pas dominer par ses pulsions. Un monde où mon fils saura que s’il abuse de l’enfant de quelqu’un, il risque de voir son forfait affiché en public et la police débarquer chez lui. Je veux un monde où on blâme plus un violeur qu’on ne se demande pourquoi la victime n’a pas honte.

Quelques notions simples de consentement :

D’abord, « [le] consentement est un accord volontaire qu’une personne donne de façon LIBRE et ÉCLAIRÉE, c’est-à-dire sans l’influence d’un mensonge, de coercition (utilisation de force), une personne en position d’autorité (une situation de pouvoir, comme c’est le cas avec un professeur, un employeur, un entraîneur, etc) ou encore de drogue ou d’alcool. Autre précision importante : une absence de non n’est pas synonyme de consentement le fameux dicton « qui ne dit mot consent » ne s’applique pas du tout ici. Il faut donc un oui clair, affirmé et enthousiaste.  » (onsexpliqueca.com. 2017).

De même, « [l]e consentement peut varier dans le temps. Une personne peut donner son consentement au début d’une activité sexuelle et changer d’avis en cours de route. Une personne peut aussi donner son accord pour certaines pratiques sexuelles, sans les englober toutes. Finalement, une personne peut à un moment donné consentir à certaines comportements avec un partenaire et ne plus consentir à un autre moment donné pour les mêmes comportements avec la même personne. » (Onsexpliqueca.com, 2017)

À tout moment, une personne a le droit de dire NON.« 

(Onsexpliqueca.com, 2017)

-Ne pas entamer des relations intimes lorsqu’un des partenaires n’est pas en possession de ses moyens : état d’ébriété, maladie, émotivité…

-Ne pas continuer lorsque le mot le mot « oui » n’a pas été clairement formulé : sans oui c’est non !

-Poser des questions pour toujours s’assurer du consentement de l’autre au fur et à mesure que les rapports évoluent :

• puis-je t’embrasser ?

• Veux-tu aller plus loin ?

• Aimes-tu ceci ? Veux-tu tester cela ?

• Es-tu d’accord si je … ?

-Respecter ce qui a été convenu : ne pas retirer le préservatif pendant l’acte sexuel sans l’accord de sa partenaire (bris de confiance), ne pas poser des actes que son/sa partenaire ne valide pas

-Arrêter dès que l’un des partenaires en a exprimé le souhait, quelle que soit l’étape où on est.

Comment agir face à une victime ?

Avant tout, CE N’EST JAMAIS LA FAUTE DE LA VICTIME. JAMAIS. JAMAIS. JAMAIS.

Ce n’est ni le jour, ni l’heure, ni le lieu, ni ses vêtements, ni son âge, ni son comportement les causes de l’agression sexuelle. Le seul coupable c’est le violeur.

Alors ne dîtes pas : « Pourquoi as-tu porté ces vêtements ? Pourquoi l’as-tu provoqué ?Pourquoi es-tu allée chez lui aussi tard ? À quoi t’attendais-tu ? ». S’il vous plaît, pour l’amour de Dieu, ne dîtes pas ça. Ne remuez pas le couteau dans la plaie.

C’est comme si on se faisait renverser par un conducteur ivre qui a grillé un feu rouge et qu’on nous demandait : « pourquoi traversais-tu la route ? » Comment ça pourquoi ?

Si vous remarquez qu’une de vos proches est bizarre, a des sautes d’humeur inhabituelles et/ou se renferme sur elle-même, questionnez-la, mettez-la en confiance, écoutez-la, croyez-la, soutenez-la, aidez-la à trouver de l’aide (police, aide psychologique, groupe de parole), rappelez-lui combien la vie est belle, n’en parlez à personne si elle n’en est pas prête et ne retournez jamais ses paroles contre elle, jamais. Souvenez-vous, la victime c’est elle. La victime c’est elle. Le coupable c’est l’autre.

Les victimes ont une forte charge émotionnelle et un traumatisme à gérer. En général, elles manquent non seulement du soutien de leur famille et de leurs proches (si elles osent en parler) mais aussi de celui de la société et de la justice. Alors elles ont besoin de bienveillance.

La société, la mentalité commune et la justice sont du côté du violeur. Parfois les victimes se retrouvent en prison pour diffamation. C’est triste.

Souvenez-vous : Une agression sexuelle peut arriver à n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Qu’on soit une une personne « forte » ou « faible », « belle » ou « moche », « habillée sexy » ou pas, on n’est jamais immunisé contre le viol.

Ce pourrait être vous, alors offrez le soutien que vous aimeriez avoir.

Si c’est votre enfant, mettez-le en confiance, soutenez-le, ne l’accusez pas car, quelles que soient les circonstances, ce n’est pas sa faute.

Éduquons la société au respect du corps des autres.

Que faire lorsqu’on est victime ?

Telle est la vraie question.

On connaît déjà le fameux : bilan médical + police + évaluation psychologique.

Mais on oublie parfois les conditions des agressions (parfois des heures tardives, parfois la victime est isolée et loin de chez elle) et l’état de choc des victimes.

Que faire lorsqu’on est en état de choc ? Quel organisme contacter lorsqu’on est victime d’agression et qu’on n’a pas les moyens d’aller faire un bilan médical ? Quel numéro contacter lorsque l’agression en cours pour obtenir une aide rapide ?

Si un jour, on souhaite que ce jour n’arrive jamais, vous êtes victime d’une agression sexuelle ou d’attouchements :

Récoltez des preuves (si possible) : faites des photos de vos bleus, de vos hématomes, obtenez un certificat médical et psychologique…

Parlez-en : que ce soit à une personne de confiance, à un membre de votre famille ou à quelqu’un qui peut vous écouter et vous conseiller.

Prenez soin de votre santé : allez à l’hôpital pour vérifier si vous n’avez pas d’infection, faites un test de grossesse quelques semaines plus tard, obtenez un suivi médical.

Réagissez : c’est la partie la plus difficile. Dénoncer son agresseur à sa famille ou à la police est souvent délicat. Qu’il s’agisse de quelqu’un qu’on aime ou d’un étranger, la honte et la culpabilité empêchent parfois de s’exprimer. Dites-vous juste que si vous ne faites rien, d’autres victimes subiront le même sort.

Cherchez du réconfort : que ce soit en discutant avec des personnes de confiance ou auprès de professionnels (conseillers, psychologues..) ou en vous réfugiant dans la prière, ne traversez pas cette épreuve seule.


Ça se passe sur Twitter actuellement. On retrouve des femmes (et des hommes) supportant les autres femmes.

On découvre aussi certaines failles des systèmes judiciaires actuels.

Il y a toujours des personnes qui essaient de culpabiliser les victimes mais des voix se lèvent pour les raisonner.

Ps : les personnes qui font culpabiliser les victimes à cause de leurs vêtements ou de leur comportement, ce n’est en rien la faute à cela.

Sur ce, essayons de transformer ce monde en un endroit plus sécuritaire et soyons bienveillants les uns avec les autres.

Image mise en avant : source ebony.com , 2012.

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